A l'époque, pour accompagner la sortie de son premier disque, L'ombre sur la mesure, le groupe de rap parisien La Rumeur distribue gratuitement un magazine promotionnel contenant divers articles et commentaires d'actualité. L'un des articles, écrit par Hamé et intitulé L'insécurité sous la plume d'un barbare, attire l'attention de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, qui porte l'affaire devant les tribunaux pour diffamation publique. Hamé, qui y décrit des immigrés noyés sous des huées médiatiques les rendant responsables de l'insécurité, thème-phare de la campagne électorale d'alors, écrit notamment : « Les rapports du ministère de l'intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété. »
Après deux relaxes en appel, c'est la seconde fois que le parquet se pourvoit en cassation.
La Rumeur, poursuivi avec acharnement et malgré deux relaxes, depuis cinq ans par le ministère de l'intérieur pour avoir publié un texte mettant en cause les violences policières depuis plusieurs décennies en France.
Nous le faisons au nom du principe fondamental de la liberté d'expression. Mais aussi parce que nous estimons qu'il est urgent que s'ouvre enfin un débat sans tabou sur les pages sombres de l'histoire de la police française.
La justice doit reconnaître qu'il n'est pas diffamatoire de revenir sur les massacres d'octobre 1961, de Charonne, ou les bavures commises depuis les années 80.