47 573 faits ont été enregistrés par la gendarmerie et la police, ce qui constitue une hausse de plus de 30% par rapport à 2004 (36 231), mais pas une augmentation du nombre de cas : il y a plus de déclarations qu'avant (encouragées par la police et la justice), et il y a une nouvelle définition de la violence conjugale qui inclut désormais les violences faites par un ancien conjoint.
Les violences conjugales représentent plus du quart de l'ensemble des actes de violence.
En 2006, 137 femmes sont mortes des coups portés par leur compagnon (soit une femme tous les trois jours) et plus de 3 000 actes de violence ont entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours (en légère baisse, de 3 360 à 3 103).
Statistiquement, cela correspond à 18,7 faits de violence conjugale pour 10 000 femmes, mais avec des pointes dans certains département au-delà de 30 pour 10 000 femmes.
Ce nombre est à comparer avec une enquête de victimation réalisé en 2007 pour des faits de 2005 et 2006 : 410 000 femmes ont déclaré avoir subi des violences de leur conjoint ou ex-conjoint, soit 2,3% de l'ensemble des femmes âgées de 18 à 60 ans. Moins d'un quart ont donc donné lieu à un dépôt de plainte (21%).
Depuis le début de l'année ( 2008 ), 2 600 femmes victimes de violence conjugales ont déposé plainte auprès des services de police et de gendarmerie de la Haute-Garonne. Dans les zones rurales du département, les actes ont augmenté de 35 % par rapport à 2007.En France, cent-soixante-six femmes ont été tuées l'année dernière. Betty Fournier, déléguée de la Fédération nationale solidarité femme a dénoncé « un véritable fléau ». Elle a exhorté les victimes « à partir et déposer plainte ».
Un homme meurt tous les dix jours de violences conjugales en France :
Mais l'enquête de victimation révèle aussi que 127 000 hommes sont victimes de violences exercées par leur conjointes, soit 0,7% de l'ensemble des hommes âgés de 18 à 60 ans pour la même période. Or, seulement 2 317 plaintes ont été enregistrées pour de tels faits, les hommes renonçant encore plus que les femmes à déposer une plainte.
Ce qui signifie qu'un peu moins d'un quart des faits de violences conjugales sont exercés sur des hommes.
En 2006, 37 hommes mouraient, tués par leur conjointe, mais dans les trois quarts des cas, ces hommes battaient leur compagne.
Les circonstances des morts par violences conjugales sont relativement classiques et prévisibles : dispute, alcool, séparation et jalousie :
En effet, dans la grande majorité des cas (54%), c'est une dispute qui a déclenché l'acte de violence. Puis viennent l'alcool pour 29% des cas, la séparation pour 27% et la jalousie pour 22%. La folie, l'absorption de drogues ou de médicaments et la dépression ne viennent que pour moins de 10% des cas (l'ensemble des % est supérieur à 100 en raison des réponses multiples possibles).